L’Organisation de coopération et de développement économiques a publié le 1er juin une étude s’appuyant sur sa base de données MAGIC (Manufacturing Groups and Industrial Corporations), révélant que près de 60 % des gains de parts de marché mondiales des entreprises chinoises entre 2005 et 2024 peuvent être attribués aux subventions publiques — contre environ 22 % pour les entreprises manufacturières à l’échelle mondiale. Les entreprises chinoises ont reçu trois à huit fois plus de soutien public que leurs concurrents dans 15 secteurs industriels, notamment les semi-conducteurs, les panneaux solaires, l’acier, la construction navale, l’automobile, la chimie et l’aérospatiale. Ce soutien a pris la forme de subventions directes, d’allégements fiscaux et de prêts à des conditions inférieures à celles du marché accordés par des institutions financières publiques. Dans le seul secteur des semi-conducteurs, les subventions ont atteint près de 10 % du chiffre d’affaires des entreprises. Le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, a établi une comparaison explicite avec les produits dopants : « Tout comme le dopage dans le sport, le risque est que les subventions aident des acteurs moins productifs à gagner injustement aux dépens de ceux qui sont meilleurs, plus innovants et plus efficaces. »
Contre toute attente, l’OCDE a constaté que les subventions n’ont pas amélioré la productivité ni la rentabilité des entreprises qui les ont reçues — ce qui suggère qu’au lieu de stimuler l’efficacité, le soutien de l’État peut renforcer les positions acquises et décourager les investissements réels. Le rapport indique également que l’aide publique aux grands fabricants en 2023 et 2024 a atteint des niveaux inédits depuis la crise financière mondiale, marquant selon l’OCDE un changement structurel de l’économie mondiale plutôt que cyclique. Ces conclusions interviennent alors que l’UE examine de nouvelles contre-mesures face aux aides industrielles chinoises, son secteur automobile étant confronté à une concurrence accrue des véhicules électriques chinois subventionnés. La Chine n’a pas soumis de notification complète de subventions à l’OMC depuis son adhésion à l’organisation il y a plus de vingt ans, selon un rapport de 2025 du représentant américain au Commerce — une lacune en matière de transparence que la méthodologie de l’OCDE, qui suit le soutien effectivement reçu par les entreprises plutôt que les annonces gouvernementales, vise à contribuer à combler.