Anthropic permettra à l’ENISA, l’agence de cybersécurité de l’Union européenne, de rejoindre le Projet Glasswing et d’accéder à Claude Mythos Preview, a rapporté Bloomberg le 1er juin en citant des sources proches du dossier — faisant de l’ENISA la première institution de l’UE à accéder à ce modèle. Anthropic a communiqué sa décision à la Commission européenne ce week-end, un déplacement de responsables de la Commission à San Francisco le jeudi précédent étant considéré comme le catalyseur décisif après quatre à cinq cycles de discussions préalables depuis avril. La porte-parole de l’ENISA, Laura Heuvinck, a confirmé l’offre au Financial Times, déclarant : „elle a été proposée mais les conditions sont encore en cours de négociation“ ; le porte-parole de la Commission européenne, Thomas Regnier, a indiqué que la Commission avait eu „plusieurs réunions productives avec Anthropic“ et se félicitait des „dernières évolutions concernant un éventuel accès futur“. Les modalités régissant la souveraineté des données, le périmètre des systèmes que l’ENISA peut tester et les restrictions concernant le partage des résultats avec les États membres de l’UE n’ont pas été divulguées publiquement et sont toujours en négociation.
Cet accord met fin à un conflit de plusieurs semaines qui était devenu un point focal des tensions transatlantiques en matière d’IA. Les ministres des Finances de la zone euro, la Banque centrale européenne et plusieurs États membres de l’UE avaient exigé un accès après avoir appris que Mythos avait identifié des vulnérabilités dans des systèmes utilisés par les banques, les gouvernements et les opérateurs d’infrastructures critiques européens — des conclusions qu’aucune institution européenne ne pouvait consulter. Lancé en avril 2026, Claude Mythos Preview peut identifier de manière autonome des failles de sécurité dans des bases de code complexes et génère des exploits fonctionnels dès la première tentative dans plus de 83 % des cas, une capacité qui a à la fois attiré et alarmé les régulateurs européens. Le Projet Glasswing compte actuellement plus de 40 organisations membres, dont Amazon, Apple, Microsoft, Google et la Linux Foundation ; le Pentagone utilise séparément Mythos pour corriger des vulnérabilités dans les systèmes gouvernementaux américains ; et l’Institut de sécurité de l’IA du Royaume-Uni a reçu un accès plus tôt. BNP Paribas et Mistral ont néanmoins développé une alternative européenne et poursuivront cet effort indépendamment de l’accord avec l’ENISA. Le règlement européen sur l’IA, qui entre pleinement en vigueur en août 2026, ne contient aucun mécanisme permettant de contraindre une entreprise non européenne à partager ses modèles d’IA les plus performants avec les régulateurs de l’UE — une lacune structurelle que cet épisode a mise en évidence.