Le 15 mai, l’organisation anti-piratage d’Hollywood ACE (Alliance for Creativity and Entertainment) a demandé à un tribunal fédéral américain une nouvelle série de citations à comparaître en vertu de la loi DMCA. Ces requêtes visent à obliger Cloudflare à divulguer les informations relatives aux comptes liés à 29 domaines pirates, notamment les adresses postales, les adresses IP, les numéros de téléphone, les adresses e-mail et les relevés de paiement. La MPA (Motion Picture Association) a déposé ces demandes au nom d’ACE ; Columbia, Disney, Paramount, Universal et Warner Bros. figurent également parmi les titulaires de droits cités.
Cette liste présente un caractère nettement transnational : trois types de cibles y sont particulièrement rares. Premièrement, il s’agit du tracker privé français La Cale (la-cale.space), qui a connu une forte croissance après l’effondrement de YggTorrent en décembre 2025 ; communauté réservée aux membres sur invitation, ce site comporte des liens vers des ressources privées mentionnés dans les documents judiciaires, indiquant qu’ACE est parvenu à s’infiltrer au sein de son organisation. Deuxièmement, le forum BT chinois « BT Home / 1 Lou » (1lou.me), actif depuis près de vingt ans et recevant chaque mois plusieurs millions de visites, a été cité malgré l’absence de membres ACE en Chine. Enfin, il y a les services API vietnamiens kkphim.com, ophim17.cc et phim.nguonc.com, proposant un modèle « Piraterie en tant que Service » (PaaS) permettant à des tiers d’obtenir des métadonnées cinématographiques, des couvertures et des liens de streaming au format m3u8.
Les autres domaines listés incluent le service de streaming russe Kino.pub, plusieurs sites indiens regroupant diverses plateformes comme Movierulz, le portail thaïlandais NanaMovies, le site polonais wizja.cc ainsi que plusieurs services brésiliens de diffusion. Le vieux site hispanophone series.ly, déjà acquitté deux fois en Espagne, figure également sur cette liste. Les citations restent en attente de signature par le greffier du tribunal (procédure habituellement purement formelle) ; une fois signées, Cloudflare devra se conformer à ces ordonnances. ACE reconnaît que les gestionnaires de sites pirates ont tendance à fournir des informations erronées aux hébergeurs, rendant la valeur des données obtenues variable ; néanmoins, même de simples indices peuvent s’avérer utiles en combinaison avec d’autres sources.