La semaine dernière, James Burnham, conseiller juridique d’xAI, a envoyé des directives internes à ses employés leur demandant de limiter les échanges avec le personnel de Cursor, la start-up spécialisée en intelligence artificielle pour le codage, aux seules interactions nécessaires au partenariat technique annoncé par les deux entreprises en avril, selon des sources proches du dossier. Cette instruction vise à éviter tout « dépassement prématuré » — c’est‑à‑dire le risque antitrust lié à une fusion précipitée avant l’obtention des autorisations réglementaires. Les ingénieurs d’xAI sont toutefois autorisés à partager données et codes afin d’entraîner conjointement des modèles, ainsi qu’à utiliser la propriété intellectuelle de l’une ou l’autre société, y compris Grok, mais uniquement dans le cadre du développement de ce modèle commun. Ce rappel est intervenu le même jour où SpaceX a déposé les documents relatifs à son introduction en Bourse, qui devrait figurer parmi les plus importantes de l’histoire.
Ce calendrier revêt une importance particulière : SpaceX, qui a absorbé xAI en février dans le cadre d’une fusion entièrement en actions valorisée à 1,25 trillion de dollars, dispose d’une option d’acquisition sur Cursor valable pendant 30 jours, laquelle prendra effet peu après l’IPO. Ce potentiel rachat évaluerait Cursor à environ 60 milliards de dollars ; faute d’exercice de cette option d’ici fin 2026, SpaceX devra verser une indemnité de rupture de 10 milliards de dollars. Le problème est que les collaborateurs de Cursor travaillent déjà sur place dans les locaux d’xAI dans le cadre du partenariat, rendant en pratique toute séparation nette difficile. En février 2026, Cursor avait déjà généré 2 milliards de dollars de revenus récurrents annuels. Parallèlement, xAI traverse une période de turbulences internes : les 11 cofondateurs ont tous quitté l’entreprise, les licenciements et les nouvelles embauches se succèdent, et Elon Musk a publiquement ordonné des réductions d’effectifs en mars, mécontent de la performance de la société en matière de codage comparée à Claude Code d’Anthropic et à Codex d’OpenAI.