Les puces DDR5 de ChangXin apparaissent dans les modules Corsair ; l'IA accapare la majeure partie de la capacité de production DRAM, et les analystes prévoient une pression sur les prix grand public.

Le passionné de matériel informatique @wxnod a publié le 22 mai sur X des captures d’écran de CPU-Z et HWiNFO64, confirmant qu’un module mémoire Vengeance DDR5 de Corsair, modèle CMK5X16G3E60C36A2-CN, intègre des puces de ChangXin Memory Technologies (CXMT). Ce kit propose une capacité totale de 32 Go (2 modules de 16 Go chacun), fonctionne en mode double canal, à une fréquence de 6000 MHz, avec des latences CL36 et une tension de 1,35 V. Il s’agit de la première fois que des puces DDR5 de CXMT sont officiellement utilisées dans un produit grand public vendu en Occident ; jusqu’à présent, les puces chinoises ne se retrouvaient quasiment qu’auprès de marques régionales ou peu connues. Le suffixe « -CN » du numéro de référence suggère que ce modèle cible prioritairement le marché chinois ; Corsair n’a pour l’heure donné aucune indication concernant sa distribution mondiale. Des tests indépendants effectués sur la plateforme Zen 5 montrent que ces puces CXMT offrent des performances en jeu comparables à celles des produits des trois principaux fabricants, malgré des paramètres similaires.

Cette révélation reflète les tensions actuelles sur le marché de la DDR5 grand public : Samsung, SK Hynix et Micron ont toutes orienté la quasi-totalité de leur production vers les puces HBM et LPDDR5X destinées aux serveurs IA, ce qui entraîne une pénurie croissante et des prix élevés pour la mémoire PC. Contrairement à ces géants, CXMT n’est pas liée par des contrats dans le secteur des centres de données, lui permettant d’adapter plus facilement ses lignes de production au marché grand public. Son catalogue DDR5 inclut désormais des vitesses allant jusqu’à 8000 MT/s, ainsi que des puces de densité 16 Gb et 24 Gb, disponibles sous divers formats tels que UDIMM, SODIMM ou RDIMM. À la différence de YMTC dans le domaine des SSD, qui fait l’objet de restrictions commerciales américaines, CXMT n’est pas inscrite sur la liste des entités soumises à des contrôles d’exportation, facilitant ainsi son accès aux marchés internationaux. Selon les analystes, la forte expansion de la production chinoise devrait faire baisser les prix de la DDR5 d’ici fin 2026 ou 2027 ; toutefois, il reste à déterminer si CXMT possède déjà les capacités nécessaires pour s’imposer massivement dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.

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